SEMAINE DU FRANÇAIS

AATF

Activités pour le public: Utiliser le cinéma comme outil de promotion pour le français

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De tous les arts, le cinéma est peut-être le plus captivant grâce à son exploration de l'imaginaire, à la combinaison d'images, de son et de mouvement et à sa capacité d'évoquer des rêves et des souvenirs. Quand nous entrons dans une salle de cinéma, nous sommes transportés vers un autre monde, un monde où notre imagination est appelée à participer aux événements que nous observons. Des barrières de temps, d'espace et d'identité s'effacent, et seul notre propre volonté peut nous empêcher d'y participer pleinement.

à travers l'histoire du cinéma, on a reconnu la grande qualité, le contenu intellectuel ainsi que le côté artistique des films produits en France et dans des pays francophones. Donc, les professeurs peuvent profiter de cette réputation afin de susciter l'envie du public d'être amusé et instruit par les chefs d'œuvre littéraires, les comédies astucieuses et les drames intenses que l'on trouve dans ces films. En fait, depuis plus d'un siècle, le public, attiré par la technique cinématographique française, reste fasciné devant les histoires racontées, une époque historique mise en scène ou la psychologie révélée à l'écran.

événement cinématographique le week-end

Un moyen très efficace de fêter la Semaine du Français serait de combiner une activité qui s'adresserait tant au grand public qu'à des initiés avec la projection d'un film français ou francophone. La liste suivante offre des suggestions d'événements possibles:

  • Afin d'assurer la projection d'un film sur grand écran, demander à un cinéma local de montrer un film français à une heure précise le vendredi ou le samedi soir. Les élèves, le club de français, les parents, l'Alliance Française ou l'association des parents d'élèves pourraient préparer des hors d'œuvres avant le film ou un dessert après. Selon l'accord conclu avec le cinéma, ces derniers pourraient être vendus ou offerts comme promotion de tout ce qui est français.
  • On pourrait tout aussi bien projeter le film dans un lycée ou dans une université précédé d'un dîner. Il pourrait y avoir une conférence ou une discussion après la séance.
  • Lier un film à l'art, à la musique ou au théâtre pourrait s'avérer efficace aussi. Monter une pièce en anglais le vendredi soir avec la version cinématographique française sous-titrée le lendemain soir servirait à renforcer l'importance de la contribution du français aux arts et au monde du spectacle. Un tel événement attirerait des Anglophones que l'on pourrait intéresser par la suite à apprendre le français.
  • Des départements de théâtre dans les universités mettent souvent en scène des traductions de comédies de Molière; donc, on pourrait envisager la comparaison d'une bonne traduction de Tartuffe avec le film de Depardieu. Un professeur de théâtre pourrait discuter les différences entre les deux média après la séance. Un exemple intéressant serait de jouer une traduction de Cyrano de Bergerac, la pièce, le vendredi soir, suivie du film Cyrano le samedi.
  • Une conférence avec diapositives sur l'histoire de l'art pourrait servir d'introduction à Camille Claudel ou à Van Gogh. En plus de la présentation des images illustrant les techniques ou les grandes oeuvres, on pourrait évoquer le contexte biographique et social. Une séance questions-réponses pourrait suivre le film.
  • Une bonne introduction à un film qui aurait la possibilité de toucher un public plus large serait de demander à un artiste, musicien et acteur de coordonner la création simultanée d'un dessin ou d'une aquarelle, d'une œuvre musicale sur piano, violon ou flûte et la lecture d'un poème en français. Ces morceaux adresseraient tous le thème du film à montrer. Par exemple, une oeuvre musicale impressionniste ou un poème symboliste pourrait servir de toile de fond à la création d'une aquarelle impressionniste, suivie d'un film comme Camille Claudel ou Van Gogh.
  • Une soirée musicale et cinématographique pourrait avoir lieu en invitant un quintet à cordes ou un soliste à ouvrir la soirée avant la projection d'un film comme Un Coeur en hiver. De même, une chanteuse pourrait ouvrir la soirée qui se terminerait par le film. Le film Bleu suivi d'une réception où l'on joue la bande sonore du film mettrait en évidence un film puissant soutenu par une musique forte.
  • On pourrait demander à un historien ou à un professeur d'histoire de situer le contexte historique de l'Occupation avant de projeter des films qui examinent cette époque en France. Au revoir les enfants, Le Dernier Métro, L'Accompagnatrice, or Jeux interdits sont des exemples de films bien adaptés à ce format.
  • Présenter la version cinématographique d'oeuvres littéraires bien connues les mettrait en valeur. Madame Bovary et Germinal pourraient s'accompagner de conférences en anglais qui comparent la version écrite à la version cinématographique. D'autres oeuvres connues sont Jean de Florette et Manon des sources.
  • Organiser des «mini festivals de films» sur des thèmes tels que la Provence avec Jean de Florette, Manon des sources, La Gloire de mon père, et Le Château de ma mère. Ces festivals pourraient inclure des présentations sur la région et ses traditions.
  • Un événement cinématographique qui pourrait se terminer en festival gourmand serait de montrer Babette's Feast, puis de servir un dîner comparable aux participants.
  • Grâce à leur capacité d'éclairer des problèmes importants, présenter Le Huitième Jour le vendredi soir et Ponette le samedi pourrait toucher le public, surtout suivi d'une discussion qui examinerait la complexité des rapports familiaux, les problèmes des handicapés mentaux, les défis que présente la vie pour des personnes souffrant de troubles psychologiques et la perte dévastatrice subie par un enfant dont la mère meurt. Ces films sont d'excellents films pour toute la famille.
  • Montrer un film français suivi de sa version américaine pourrait animer une discussion des différences culturelles par rapport à l'intrigue, au lieu, aux personnages, au dialogue comparé à l'utilisation de la musique ou du silence et au dénouement. Le Retour de Martin Guerre et Sommersby et Trois Hommes et un couffin et Three Men and a Baby sont deux paires de films qui pourraient engendrer de telles comparaisons (Voir l'article de Lois Vines du numéro de novembre 1998 du National Bulletin pour trouver d'autres exemples.).

  • Les films mentionnés ici ne représentent que quelques exemples de ceux dont disposent les professeurs de français. Chacun a son film préféré pour enseigner la culture, la langue, les valeurs et l'éthique. On a aussi des critères personnelles ou des règles de l'école à respecter qui veulent que certains des choix indiqués ici n'y conviennent pas. Seul le professeur peut décider si un film convient à un but quelconque. Pour des publics adultes, nous pouvons être plus libres, mais si le public comprendrait des élèves, nous devons rester conscients des inquiétudes des parents.

Une autre considération importante en utilisant des vidéos concerne le fait que la plupart interdisent des projections publiques. Il faut se renseigner auprès du fournisseur sur les modalités à suivre pour obtenir la permission de montrer le film pour un tel événement.

Il existe peu d'autres façons aussi captivantes et aussi riches pour l'enseignement d'une langue que le cinéma. Utiliser des films pour attirer l'attention du public sur l'importance de l'étude du français réussit en général parce que les films amusent, parce que ceux qui ne connaissent pas bien la culture française en sont curieux, et parce que ceux qui la connaissent sont normalement ravis d'y goûter par le cinéma. Combiner un événement cinématographique avec d'autres arts et avec d'autres aspects de la culture augmente tout simplement le plaisir de l'expérience. La Semaine du Français fournit une occasion merveilleuse de partager notre amour pour le cinéma français avec nos concitoyens. Les idées offertes ici cherchent à rappeler nos propres bonnes idées pour l'enseignement, le recrutement et la promotion du français par le cinéma.

Mary Jo Netherton (KY)

Reproduit et adapté du numéro spécial du National Bulletin, Vol. 24 No. 5 (mai 1999)

Création: 25 avril 1999
Traduit: 6 novembre 2000
Dernière mise à jour: 31 juillet 2015