LA FRANCE ET L’UNION EUROPÉENNE

ENTRE MICHELET ET MICHELIN

by Irene Finel-Honigman

“French language and culture had a contribution to make to European unification that matched the economic contribution which Germany could make. But the French role extended beyond building a ‘Europe of culture.’ It involved taking the lead in creating a Europe of solidarity and a Europe of citizens.”

-K.Dyson,K. Featherstone, Road to Maastricht (1999).

 

Objectives

These sections are the following:

  1. Histoire politique

  2. Institutions

  3. Économie

  4. Politique monétaire

  5. Culture et éducation

  6. Linguistique

  7. Technologie

“Les cartes de la France, ce n’est pas ce qui lui permet de se faire bien voir, c’est d’abord le vouloir vivre ensemble des français, ce qui lui permet de défendre ses intérêts et de faire valoir ses vues. Quant à l’Europe, ses cartes sont son poids économique et démographique, sa réussite historique de dépassement des nationalismes, son équilibre social, sa diversité, ses institutions originales si elles savent se réformer, son avenir surtout, que le monde entier intègre dans ses plans et auquel nous travaillons.”

-Hubert Védrine, dans Dominique Moisi, Les cartes de la France à l’heure de la mondialisation (2000).

1. Histoire politique

“Une histoire de la France est en soi un admirable sondage, une mise au clair, au delà de ses aventures propres, de la marche de l’Europe et du monde.”

-Fernand Braudel, L’Identité de la France (1986).

À la fin de la Deuxième guerre mondiale, le général Charles de Gaulle et le chancelier allemand Konrad Adenauer ont entamé la reconstruction de l’Europe.   Ils ont envisagé l’intégration européenne fondée sur un partenariat économique franco-allemand.  

“Si j’ai tenu à réconcilier la France et l’Allemagne, c’est pour une raison toute pratique: c’est parce ce que cette réconciliation est le fondement de toute politique européenne…si elle n’est pas l’Europe des peuples, si elle est confiée à quelques organismes technocratiques plus ou moins intègres, elle sera une histoire pour professionnels, limitée et sans avenir...la France est la seule à vouloir une Europe qui en soit une, à pouvoir la vouloir.”

-De Gaulle, 23 janvier 1963 dans Alain Peyrefitte, C’était De Gaulle (1994).

Entre 1946 et 1995 ce  partenariat définit les concepts et les stuctures de la construction européenne.

Valéry Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt établissent les principes de la construction et politique monétaire européenne entre 1974 et 1981.

François Mitterand et Helmut Kohl définissent les concepts de souveraineté et subsidiarité et prêtent à la construction européenne une dimension morale et historique.

“L’amitié franco-allemande est riche de souvenirs et de gestes à la fois importants et symboliques…le président Mitterand qui parle devant le Bundestag allemand en 1983 sur la politique de sécurité… Kohl et Mitterand, main dans la main en 1984 au cimetière des soldats à Verdun,…le chancelier Kohl qui intervient dans la campagne française à l’occasion du referendum sur Maastricht ou encore le discours de Mitterand à Berlin, 50 ans après la fin de la Deuxième guerre mondiale.”

-Jacques Delors, Discours à la cérémonie du 50ème anniversaire de l’Institut Franco-allemand, 4 juin 1998.

Jacques Delors, premier président de l’Union européenne et animateur du Traité de Maastricht et de l’Union monétaire, a équilibré les objectifs économiques et monétaires français et européens.

En 2003 le président français Jacques Chirac et le chancelier allemand Gerhard Schroder sont les héritiers des principes et traditions établis par leurs illustres prédécesseurs.

Les premiers architectes français de l’Union européenne sont :

“Je n’ai jamais pensé qu’on pouvait changer la nature des hommes. Mais en modifiant le contexte dans lequel ils agissent, en leur donnant les mêmes règles, les mêmes institutions démocratiques, on peut les ramener à se comporter différemment les uns vis-à-vis des autres. Dans la communauté les Européens apprennent ainsi à vivre ensemble comme un même peuple. Nous ne coalisons pas des états, nous unissons des hommes."

-Jean Monnet, Discours, Washington, le 30 avril 1952.

“Le government français propose de placer l’ensemble de la production franco-allemande de charbon et d’acier, sous une haute autorité commune, dans une organisation ouverte à la participation des autres pays d’Europe.”

Étapes de la construction européenne:

1950 - CECA: Communauté européenne de charbon et d’acier

1958 - Traité de Rome: l’Europe des Six-- la France, l’Allemagne, l’Italie, la Belgique, les Pays Bas, le Luxembourg

1988 - Acte unique: l’Europe des Douze--la France, l’Allemagne, l’Italie, la Belgique, les Pays Bas, le Luxembourg, le Danemark, la Grande Bretagne, l’Irelande, la Grèce, l’Espagne et le Portugal

1992 - Traité de Maastricht

“Le Traité s’inscrit dans la continuité de la politique européenne de la France. L’Europe est une garantie de paix, l’équilibre dans le monde et à terme, une plus grande prospérité pour l’ensemble des citoyens. Ce n’est pas l’Europe de Giscard, de Chirac, de Fabius qu’il faut construire, c’est l’Europe de la France.”

-Pierre Bérégovoy, Le Monde, 24 juillet 1992.

1995 - Europe des Quinze: La Finlande, l’Autriche et la Suède deviennent membres de l’UE.

1996 - Traité d’Amsterdam 

2000 - Traité de Nice  

Avenir de la construction européenne

Élargissement de l’Union de 15 à 25 pays

En 2002 les négociations d’adhésion s’achèvent pour les pays suivants: Chypre, la République tchèque, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lithuanie, Malte, la Pologne, la République Slovaque et la Slovénie.

Convention constitutionnelle européenne

Dès 2002 la Convention européenne, présidée par l’ancien président de France Valéry Giscard d’Estaing établit les fondements de l’intégration politique.

“Quel est le terme qui définirait, pour l’heure, la priorité des priorités de la France en matière de politique européenne: est-ce l’approfondissement, avec la réforme des institutions ou l’élargissement, avec la redéfinition des frontières? La priorité? Je le répète: les deux sont intimement et directement liés.”

-Hubert Védrine dans Dominique Moisi, Les Cartes de la France à l’heure de la mondialisation

À l’aube de l’expansion européenne de 15 à 25 pays et de l’intégration politique, les paroles visionnaires de Victor Hugo se voient presque réalisées. Le siège des institutions européennes et du Parlement ne demeurent pas à Paris, mais à Bruxelles, capitale francophone européenne.

“Plus d’armées, plus de frontières, une seule monnaie continentale, toutes les libertés et Paris capitale de cette Europe, siège d’une assemblée issue du suffrage universel.”

-Victor Hugo, Correspondance (1855).

Liens utiles

http://europa.eu.int/abc/history/index_fr.htm

 

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Created: December 16, 2002
Last update: December 16, 2002