Quelques mots sur la cryptologie, c'est-à-dire le
moyen de chiffrer (to encode) ses communications sur l'Internet. Cet
usage a été autorisé par le gouvernement français. Donc il est possible
maintenant d'avoir recours à des logiciels de chiffrement très
puissants. Les communications sont ainsi protégées des pirates
informatiques (hackers). La France est en opposition avec le FBI et le
Département d'Etat Américain. En France, seule la justice pourra demander les
«clés» des logiciels de cryptologie. Toujours sur le réseau Internet: trois
journaux électroniques pour jeunes de 8 à 11 ans viennent de faire leur
apparition. Ces revues sur Internet s'appellent des «Webzines». Ces trois
journaux sont conçus par des enseignants et des spécialistes de l'animation.
Un de ces journaux s'appelle «Cool English», pour s'initier à l'anglais.
Jusqu'alors les didacticiels (educational software) étaient le plus
souvent réservés à un support (aid), le CD-ROM.
Clin d'oeil sur la suffixation en -os: essentiellement
formation d'adjectifs. Elle n' est pas nouvelle, mais elle a pris un élan
particulier dans les années 80. Quelques exemples: chicos (pour chic), gravos
(pour gras; voir le Gravos, personnage haut en couleur [colorful] des
livres de San Antonio), rapidos (pour rapide), tranquilos (pour
tranquille), calmos (pour calme; s'emploie aussi de façon exclamative:
calmos!, du calme), coolos (cool), peinardos (peinard =
tranquille, qui se tient à l'écart des difficultés ou des ennuis), rupinos
(riche et élégant; voir les rupins, vieil argot pour les gens riches), gratos
(gratis). Tous ces adjectifs sont argotiques.
L' Allemagne change de capitale. Une armada (a
whole fleet) de déménageurs a quitté l'ex-capitale. C'est un vrai chambardement
(upheaval), un réel tour de force. Berlin, «'est là où maintenant la musique
se joue». Bonn fait ses valises (is packing); Berlin sort de sa grisaille
(dullness) politique et fait peau neuve (is finding a new image) en
subissant un énorme lifting. Le déménagement se fait relativement rapidement:
tout a marché sur des roulettes (everything went smoothly). L'ambassade
américaine a déménagé en temps et en heure (in due course). Certains
commerçants ont déjà plié bagage (packed up), surtout les patrons de
brasserie dont les locaux ne désemplissent pas (are always full). Ce
déménagement coûterait la bagatelle (would cost a mere) de 12
milliards de dollars. Rappel ici du sens de bagatelle: c'est une somme d'argent
peu importante; très souvent, par antiphrase, signifie une grosse somme
d'argent.
Mourir, mots et périphrases de substitution: partir,
passer, rendre l'âme (souvent ironique), rendre le dernier soupir, s'en
aller, partir pour le grand voyage; versions plus populaires: passer l'arme
à gauche, casser sa pipe, rendre sa clé, avaler sa cuiller, avaler son
passeport, avaler son extrait de naissance, tourner le coin. Autrefois, les
pauvres mouraient dans des «mouroirs» à l'hôpital. Maintenant, ils
sont en survie artificielle dans une «unité de soins palliatifs»
pour malades en stade terminal (terminally ill patients).
Exemple de langage «bonne conscience», style
politiquement correct: un élève en échec scolaire pour un cancre
(lazy-bones); un SDF ou sans domicile fixe (homeless) pour un clochard
(tramp); la solidarité pour la charité; les flux migratoires pour
l'immigration massive, souvent clandestine; les quartiers sensibles pour
les banlieues pourries; la petite délinquence de proximité pour l'arnaque
(rip-off), etc.
Choix de mots pour désigner les vieilles personnes.
D'ailleurs y a-t-il encore des vieux? Les personnes âgées, les anciens, les
aînés, le troisième âge et même le quatrième âge; en argot,
les sons et lumières; il y a une vingtaine d'années on parlait des PPH
(Passera Pas l'Hiver); on dit aussi les seniors, ceux qui ont droit à la Carte
Vermeil SNCF, réservée aux plus de soixante ans.
Deux mots se chevauchent constamment dans notre langue et
ce, souvent, à tort. Il s'agit de «défaut» et de «déficit», le second
terme ne faisant qu'une bouchée du premier. «Déficit» appartient bien
sûr au vocabulaire financier. Nous parlons beaucoup de déficit de notre
Sécurité Sociale, en d'autres termes plus imagés, du «trou» ou du
«gouffre» de celle-ci. Et puis, un glissement s'est opéré vers le sens de
«manque de», d'où les expressions de «déficit de dialogue social» ou
«déficit de communication».
Le mot «surréaliste» fait florès (is in vogue).
Rien à voir avec la définition du surréalisme donnée par André Breton en
1924. C'est un mot «fourre-tout» (a rag-bag of a word) qui veut bien
caractériser une personne, une situation, un état. Il s'agit de dépeindre
quelque chose ou quelqu'un de difficile à décrire, de fou-fou, d'extravagant,
de difficile à imaginer, hors du commun.
Le langage des bruits: chute dans l'eau: «Splash»!; une
auto qui force son moteur: «Vroum»!; le dégoût: «Beurk»!; appel au calme:
«Cool»!; l'admiration: «Génial»!; le scepticisme: «Bof»!, accompagné
d'un lever d'épaules; la surprise: «Ouaouh»! Beaucoup d'interjections
proviennent des bédés (ou BD: bandes dessinées).
Un mot à la mode en politique: «pluriel». On parle de
majorité
plurielle, de gauche plurielle (comprenant les socialistes, les
communistes, les Verts); l'opposition est aussi plurielle (UDF + RPR + RPF + FN,
etc.) On parle aussi de société plurielle. Je vous ferai grâce d'une
définition.