Sur une île longue de 75 km et large de 35 km 600 congressistes américains et leurs invités ne pouvaient pas passer inaperçus. L’impact du 76ème congrès de l’AATF en Martinique fut tel que la presse, la radio et la télévision ont fait état de notre séjour. En groupe, en voiture ou encore en utilisant les transports en commun quelque peu folkloriques, les professeurs ont sillonné toutes les routes de la Martinique et ont trouvé partout un accueil chaleureux. Tous sont tombés sous le charme de l’île.
Les 150 personnes qui
étaient au rendez-vous à l’aéroport de San Juan, Puerto Rico le premier
juillet ont poussé un grand soupir de soulagement en voyant arriver l’avion
de Miami Air affrété par l’AATF.
Le
personnel au sol et à bord nous a déjà mis dans l’humeur des îles par leur
efficacité et leur amabilité. Arrivés à Fort-de-France, attendus par un
orchestre martiniquais, des hôtesses en costume et l’incroyable équipe de
Carib Congrès,
la réunion s’annonçait de bon augure. Le lendemain un deuxième vol en
provenance de San Juan a acheminé 150 personnes de plus, et le soir du 3
juillet nous étions quasiment au complet avec l’arrivée du dernier vol
charter venant de Fort Lauderdale.
Pendant que le Conseil d’administration
de l’AATF se mettait au travail la veille du congrès,
quatre cars sont partis en excursion vers le nord. Des ruines de la ville de St.
Pierre,
détruite
par l’éruption de la Montagne Pelée
en
mai 1902 jusqu’au magnifique Jardin de Balata
en
passant par la Plantation Leyritz et en empruntant des routes sinueuses,
ces congressistes ont put se baigner dans l’histoire de l’île et se
régaler de la flore tropicale. Le soir un autre groupe a profité d’un dîner
organisé dans une habitation au bord de la plage avec musique locale tandis que
d’autres ont commencé à essayer les restaurants de la Marina
et
de la Pointe-du-Bout.![]()
Malgré quelques averses presque quotidiennes et une humidité parfois lourde, tout le monde avait l’air de se plaire. Nous nous sommes très vite habitués au chant des grenouilles qui commençait à la tombée de la nuit ainsi qu’aux oiseaux de plus en plus hardis qui voulaient partager notre petit déjeuner. Et tout cela avant le début officiel du congrès.
La séance d’ouverture
s’est
tenue le vendredi 4 juillet dans la Salle Bougainvilliers à l’Hôtel Kalenda.
Le Président Jean-Pierre Piriou a présenté Miguel Laventure, Président de l’Office
départemental du tourisme de la Martinique (ODTM), Jean-Claude Lubin,
Président de la Chambre de commerce et de l’industrie de la Martinique (CCIM),
et Raymond St. Louis Augustin, Premier adjoint au maire de Fort-de-France,
qui ont tous souhaité la bienvenue aux Amércains et ont remarqué que notre
arrivée coïncidait avec notre fête nationale. Grâce à la visite fortuite de
James Gilroy, ancien rédacteur gérant de la French Review, à la mairie
de Fort-de-France où il a trouvé Aimé Césaire, maire honoraire, dans son
bureau, le Président Piriou a pu lire un message de bienvenue de l’auteur
célèbre, membre honoraire de l’AATF depuis 1979 quand l’AATF s’était
réuni pour la première fois en Martinique. Cette fois, le discours d’ouverture
a été prononcé par l’écrivaine martiniquaise Suzanne Dracius, élue à l’occasion
du congrès membre honoraire de l’AATF. Une réception
parmi
les exposants situés au lobby de l’Hôtel Kalenda et co-sponsorisée par l’AATF
et le Service culturel de l’Ambassade de France à Washington, a précédé la
représentation en soirée d’une pièce de Suzanne Dracius, Lumina
Sophie dite Surprise, sponsorisée elle par TV5. Nous tenons à remercier
les exposants qui se sont déplacés jusqu’en Martinique ainsi que les
exposants locaux venus rencontrer les professeurs américains.
Les 5, 6 et 7 juillet, le programme était au complet avec plus de 115 sessions données par 166 intervenants, dont parmi eux de nombreux invités martiniquais, belge, québécois et canadiens. Un va et vient perpétuel entre les trois hôtels (le Kalenda, le Bakoua et le Carayou) où se déroulaient les séances attestait preuve du sérieux des congressistes qui cherchaient à profiter non seulement du lieu mais du contenu professionnel du programme.
Samedi soir tous les
congressistes ont été transportés en car jusqu’à l’Impératrice Village,
lieu d’une grande fête martiniquaise offerte à l’AATF par l’Office
départemental du tourisme de la Martinique (ODTM). Miguel Laventure, Président
de l’ODTM, et Jacques Guannel, Directeur général, ont accueilli les membres
de l’AATF. Entre musique où bon nombre de participants se sont mis à «zouker»,
spécialités martiniquaises qu’on a pu goûter au long de la soirée,
spectacle de danse donné par les Ballets martiniquais
,
la compagnie s’amusait à toute allure malgré un peu de pluie et beaucoup d’humidité.
Samedi et dimanche, deux
groupes de congressistes ont fait une courte excursion aux Trois-îlets, commune
dont fait partie la Pointe-du-Bout, où ils ont pu visiter la poterie
et
le Musée de la canne
.
Dimanche, 200 personnes sont montées sur un bateau pour voir le coucher de
soleil sur la mer. Les nuages et un vent fort ont un peu perturbé l’excursion,
mais cela n’a pas empêché les participants d’arroser l’expérience de «ti-punch»
et de zouk.![]()
Le lundi 7 juillet on sentait
déjà l’approche trop rapide des premiers départs. Tandis que beaucoup de
congressistes sont restés fidèles au programme professionnel, d’autres se
sont empressés de faire leurs derniers achats
.
Le soir a eu lieu le banquet de gala de l’AATF à l’Hôtel Carayou.
Là nous avons honoré ceux qui ont reçu de nombreux prix en 2003. Les deux
lauréates du AATF Dorothy Ludwig Excellence in Teaching Award, Molly
Wieland (MN), secondaire, et la Sœur Mary Helen Kashuba (PA), supérieur, ont
pu être présentes pour recevoir un certificat, une année de cotisation
gratuite, un abonnement au Français dans le monde et 400$ grâce à
Robert Ludwig, ancien délégué régional pour l’état de New York. Ensuite,
les convives ont pu danser sur la musique d’un orchestre martiniquais
—du
zouk au paso doble en passant par le cha cha et le rock.
Les matins du 8, 9 et 10
juillet ont commencé très tôt en raison des départs des charters, mais avec
l’équipe de Carib Congrès toujours présente personne n’a été oublié.
Souvent à contre-cœur, les gens montaient dans les cars qui devaient les
amener à l’aéroport. Tant qu’il faisait encore nuit, ça allait, mais dès
le lever du soleil quand on pouvait voir les palmiers autour de la piscine, la
plage, la mer et la baie de Fort-de-France,
tout est devenu plus difficile. Déjà le 8 la vie à la Pointe-du-Bout s’est
calmée après le départ de 160 congressistes de retour vers Fort Lauderdale,
46 qui sont partis en excursion à la Guadeloupe
et 120 de plus qui sont partis pour la journée faire le tour des plages du sud
d’où on pouvait apercevoir le Diamant
.
Ceux qui sont restés un ou deux jours de plus ont profité de l’occasion pour
visiter le reste de l’île
ou
pour se balader dans Fort-de-France
.
Nous voudrions remercier quelques individus sans lesquels ce congrès n’aurait pas pu se dérouler dans les conditions excellentes que nous avons connues. Nous avons déjà signalé nos exposants et les invités de marque, mais il faut également mentionner Olivier De La Houssaye et toute l’équipe de Carib Congrès dont l’efficacité, la gentillesse et le professionnalisme a dépassé non seulement nos attentes mais notre image du congrès idéal. Muriel Wiltord du Bureau de Promotion de la Martinique à New York a été d’une aide indispensable en facilitant les contacts et en encourageant nos démarches. Finalement, sa collègue Valérie Vulcain, avec son fiancé Francis, ont été d’une disponibilité et d’une efficacité sans mesure en veillant à l’organisation matérielle de nombreux événements.
En somme, tout était fait pour plaire aux congressistes—une cuisine délicieuse et abondante, un cadre magnifique avec vue sur la mer à l’ombre des palmiers, des hôtels de premier ordre et un accueil partout chaleureux. On pouvait voir au fil des jours la décontraction des participants qui sont devenus de plus en plus souriants, de moins en moins stressés et dont les habits de vacances prévalaient sur la tenue de ville. Les sacs, jupes, chemises et autres articles en madras apparaissaient davantage chaque jour. Il est évident que beaucoup de professeurs se sont procurés de quoi décorer leur salle de classe et de quoi illustrer de nombreuses leçons sur la Martinique. Nous sommes sûrs que tous ceux qui ont eu la chance d’assister à ce congrès inoubliable pensent déjà à retourner à l’île aux fleurs.
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